Il arrive un moment où vos enfants commencent à vous poser certaines questions. « Est-ce que ça va bien à la maison? » « Est-ce que tu trouves ça difficile de faire l'entretien? » « As-tu déjà pensé à une résidence? »

Ces questions peuvent être difficiles à entendre. Elles peuvent donner l'impression que vos enfants pensent que vous n'êtes plus capable de vous débrouiller seul, ou qu'ils ont déjà décidé ce qui serait mieux pour vous. Mais bien souvent, ce n'est pas ce qu'ils essaient de dire. Derrière ces questions, il y a surtout de l'inquiétude.

Ils voient peut-être les choses autrement

Vos enfants ne vivent pas votre quotidien de la même façon que vous. Pour vous, pelleter un peu plus lentement qu'avant n'est peut-être pas un problème: vous avez toujours réussi à vous organiser. Pour eux, ça peut devenir une source d'inquiétude.

Ils peuvent penser à ce qui arriverait si vous tombiez. Ils peuvent se demander si vous êtes seul trop souvent. Ils peuvent s'inquiéter lorsque vous conduisez l'hiver ou lorsque vous devez monter et descendre des escaliers plusieurs fois par jour. Cela ne veut pas dire qu'ils pensent que vous êtes incapable. Cela veut souvent dire qu'ils veulent être certains que vous allez bien.

Demandez-leur ce qui les inquiète vraiment

Quand le sujet d'une résidence arrive dans une conversation, il est facile de répondre immédiatement : « Je ne suis pas rendu là. » Et vous avez peut-être tout à fait raison. Mais avant de fermer la discussion, vous pouvez poser une autre question : « Qu'est-ce qui vous inquiète exactement? »

La réponse peut vous surprendre. Peut-être que ce n'est pas votre capacité à vivre seul qui les inquiète, mais la maison qui demande beaucoup d'entretien, ou les escaliers, ou le fait que vous conduisez moins souvent et sortez moins qu'avant. Une fois que vous savez ce qui les inquiète, la conversation devient beaucoup plus simple, et surtout, elle permet de parler de solutions concrètes.

Une résidence n'est pas la seule solution

Parler de l'avenir ne veut pas nécessairement dire déménager. Il existe souvent plusieurs options: recevoir de l'aide à domicile, faire faire certains travaux, adapter une salle de bain, demander de l'aide pour les repas, déménager dans un logement plus petit, se rapprocher de la famille. Ou simplement continuer comme avant, mais avec quelques changements.

L'important est de comprendre ce qui devient plus difficile et ce que vous souhaitez conserver dans votre vie.

Visiter une résidence ne vous engage à rien

Le mot « résidence » peut faire peur. On imagine parfois un endroit où l'on perd son indépendance. Pourtant, les résidences pour aînés sont très différentes les unes des autres. Certaines ressemblent davantage à des appartements avec des services à proximité.

Visiter une résidence ne veut pas dire que vous avez décidé d'y déménager. Vous pouvez simplement aller voir: regarder les appartements, poser des questions, voir les espaces communs, goûter un repas, demander quels services sont inclus. Vous pourriez repartir en vous disant que ce n'est vraiment pas pour vous. Vous pourriez aussi être surpris. Dans les deux cas, vous aurez plus d'information pour prendre votre décision.

Plus vous réfléchissez tôt, plus vous avez de choix

C'est probablement le plus grand avantage de parler du sujet avant qu'il y ait une urgence. Lorsque vous avez le temps, vous pouvez choisir le quartier, le type d'appartement, le budget, les services, la proximité de votre famille, les activités, la nourriture, l'ambiance. Vous pouvez visiter plusieurs endroits et dire non à ceux qui ne vous conviennent pas.

Lorsqu'un déménagement doit être organisé rapidement après une chute, une hospitalisation ou un problème de santé, il y a souvent beaucoup moins de choix. Réfléchir maintenant ne signifie donc pas que vous devez partir maintenant. Au contraire, cela vous permet de rester maître de la décision.

Commencez par ce qui compte pour vous

Au lieu de commencer par la question « Est-ce que je devrais aller en résidence? », commencez par votre vie. Qu'est-ce que vous aimez dans votre quotidien? Qu'est-ce que vous voulez absolument garder? Qu'est-ce qui commence à devenir lourd ou fatigant? Qu'est-ce que vous seriez heureux de ne plus avoir à faire? Voulez-vous rester près de votre quartier, de vos amis, de vos enfants, de vos activités?

Ces réponses sont importantes, parce que la bonne décision n'est pas simplement celle qui rassure votre famille. C'est celle qui respecte votre façon de vivre.

Vous pouvez écouter vos enfants sans leur laisser décider à votre place

Vos enfants peuvent avoir de bonnes raisons de s'inquiéter. Vous pouvez les écouter, leur poser des questions, même visiter quelques endroits avec eux. Mais la conversation doit aussi parler de ce que vous voulez. Ce n'est pas parce que vos enfants commencent à parler de l'avenir qu'ils doivent décider de la suite. Au contraire, cette conversation peut être l'occasion de leur expliquer clairement vos priorités.

Et parfois, commencer à en parler tôt est justement la meilleure façon de rester en contrôle le plus longtemps possible.